Gustave a huit mois aujourd’hui. Il est très gentil, très aimant et sait se montrer serviable en toutes circonstances. Mais à ce jour, il ne sait toujours pas qui voudra bien le garder pendant l’année scolaire 2010-2011 alors que Léonie sera à l'école et leurs parents au travail. Ces derniers ont multiplié les démarches auprès des services municipaux et des relais d’assistantes maternelles mais sans succès. Faudra-t-il que ce charmant garçon soit livré à lui-même des jours entiers ? Veut-on qu’un si délicieux bambin succombe aux tentations de la rue ? Nous sommes certains que non et qu’une âme charitable saura se porter à son secours. Puéricultrices, assistantes maternelles, ou toute personne en ayant une dans son carnet d’adresses, ce message vous est destiné car vous pouvez inverser le cours des choses.
Bouteille à la mer
Hocus Pocus
Il faut avouer qu’il ne fut pas aisé de nous résoudre à produire les aveux qui suivent. Nous avons bien cherché à étouffer l’affaire en comptant sur le temps qui passe. Mais l’esprit de responsabilité qui caractérise les gens de mer associé au devoir que nous avons chevillé au corps nous ont commandé de rendre compte. Notre motivation s'est trouvée renforcée par cinq nuits d’insomnie à l’idée de devoir,
comme deux fois déjà par le passé, porter autour du cou un trophée humiliant (cf. photos). Et puis à tous les coups, un Apocien déguisé en Grécien était dans les parages au moment du drame et nous n’aurions pas pu tromper plus longtemps les membres avisés du Bureau. Tant qu’à se faire balancer, autant jeter nous même le premier pavé dans la mare. Voici donc :
RAPPORT DE MER
Nous, en charge du commandement du navire à voiles RAKI, d’une jauge brute de 6,30 tonneaux, immatriculé au Quartier Maritime de Paimpol (Côtes du Nord) déclarons :
Alors que nous faisions route vers le quai de Katakolon (Grèce occidentale) en ce matin du 30 mai de 2010, à la vitesse de 3 nœuds, le lest de fonte du vaisseau a violemment percuté un haut fond rocheux qui figure pourtant sur toutes les cartes (même sur les cartes électroniques de Garmin alors que tout le reste est faux) à la cote de 1 mètre et moins sous le niveau de la mer. Il nous fut très difficile de nous déséchouer à l’aide du moteur auxiliaire et d’amples mouvements de barre.
L’affaire aurait pu en rester là si, au même moment, la cloison structurelle du navire n’avait été heurtée violemment à son tour par le crâne du bosco Gustave qui, conscient de sa faute, a fondu en larmes sans délai. Nous l’avons puni de 10 jours de fers pour avoir cru bon de s’amuser à un moment si délicat.
Nous implorons donc la clémence du Bureau qui saura sans doute reconnaître que :
1 - certains ont déjà payé pour notre erreur, ne l’oublions pas
2 - faute avouée est à moitié pardonnée (or quand on dit « à moitié saoul » ça veut dire plus en général)
3 - les rochers gréciens c’est quand même moins dur que les caillasses du Ferlas
4 - il était très tôt le matin et le maître de port n'est arrivé qu'après l’incident que nous avons soigneusement tu
5 – le bateau a 44 ans ce qui fait une sacrée décote de vétusté
Fait à Kalamata le 5 juin de l'an 2010
Pour ceux qui auraient eu un peu de mal à saisir les implicites contenus dans ce billet, il est recommandé de cliquer sur le lien APOC ci-contre.
Traversée de la Mer Ionienne
Kalimera. Nous sommes arrivés dimanche matin chez les Gréciens, dixit Léonie qui de toutes façons préfère parler anglais désormais . Premier pas sur le continent européen depuis bientôt trois mois. Nous avons avalé les 360 milles de Malte à Katakolon en 68 heures (3 nuits et 3 petits jours). L'équivalent de deux Transmanches en double, n'est-ce pas Claude ? Un tiers sous inter et grand-voile à un ris, un tiers sous spi et un tiers au moteur dans les petits airs de la dernière nuit. Les îles de Céphalonie et de Zante étaient visibles dès samedi soir alors qu'elles étaient encore à 50 milles. Les enfants ont très bien supporté la traversée. Gustave en a profité pour s'exercer à de nouvelles vocalises en ta-ta-ta-ta, de préférence au moment où l'un d'entre nous descendait dans le carré pour récupérer un peu. Et Léonie, un peu malade après la première nuit, a été très vite davantage préoccupée de savoir quand tomberait sa première dent que quand on arriverait. Sous une lune très lumineuse la nuit et avec une chaleur croissante de jour en jour, nous avons croisé beaucoup de cargos qui faisaient cap sur le sud du Péloponnèse ou sur la mer Adriatique - les marins de quart la nuit s'amusaient à faire des blagues et des imitations sur le 16 -, un voilier en route pour la Sicile et quelques dauphins le deuxième matin. Au programme à présent, virée à Olympie, Sparte et Mistra par la terre puis le tour du Péloponnèse à la voile par Methoni, Kalamata et le cap Malée en espérant que nous ne finirons pas chez les Lotophages qui pourraient nous faire oublier le chemin du retour. Nous remonterons ensuite vers Hydra, Egine et Athènes avant de commencer notre route vers l'ouest par le canal de Corinthe et Ithaque, l'île d'Ulysse dont Homère - que Léonie apprécie beaucoup dans les Simpsons - a rapporté les errements. Nous ferons peut-être un petit arrêt à Nikopolis où Octave à mis la pâtée à Antoine (Octave à qui Gustave a emprunté un peu de son Auguste). Puis de Corfou nous traverserons le sud de l'Adriatique pour rejoindre le pays de Monica Bellucci dont nous venons d'apprendre qu'elle a mis au monde une petite Léonie. Mais avant tout cela nous attendons une souris cette nuit. Elle trouvera sous l'oreiller de Léonie une dent de lait et une lettre (en grécien évidemment) pour lui demander de ne pas emporter la dent car Léonie tient beaucoup à la conserver.
En route pour la Grèce
Nous avons passé 3 jours à Malte où n’aurons trouvé ni le faucon ni Corto. En revanche la nouvelle balise Dolink est arrivée et nos positions apparaissent de nouveau sur la carte ci-contre. Nous nous sommes aussi équipés de cartes marines de détails pour la Grèce car il n’a pas été possible de réparer le GPS traceur. On nous a bien proposé de nous en vendre un neuf à 2100 € mais nous avons gentiment répondu que nous n’avions pas les moyens ce qui dans cette petite suisse méditerranéenne a paru presque incroyable. Nous regrettons un peu de n'avoir pas pu répondre à tous les mails. Mais le temps presse et en milieu de journée, nous appareillerons pour la plus grande traversée du voyage (environ 350 milles). Nous devrions atterrir entre Céphalonie et Katakolon dimanche ou lundi prochain. La fenêtre météo est étroite car le vent favorable dans un premier temps devrait basculer au Nord puis à l’Est en fin de parcours. Nous avons hâte de goûter aux petits mouillages ensoleillés du Péloponnèse.
Malte
Nous sommes arrivés à Malte dimanche après-midi après avoir enroulé Gozo et en slalomant entre les bateaux qui régataient devant La Valette. Entrée magique dans un port magnifique. Nous avons décidé de relâcher à Grand Harbour Marina même si les tarifs sont un peu prohibitifs. C’est que nous n’avons pas pu prendre de douche depuis Sidi Bou Saïd, il y a dix jours… Nous avons un programme chargé à Malte : ravitaillement pour la virée en Grèce, réparation du GPS traceur qui commence à donner des signes de fatigue, réception et mise en route de la nouvelle balise Dolink qui a été expédiée avant-hier de France, et bien sûr deux à trois douches par jour.
Dauphins entre Pantelleria et Malte
10, 20, 30 dauphins font un festival autour de Raki toute la journée et toute la nuit
VDH
Pantelleria est une île battue par les vents, isolée au milieu de nulle part. Nous nous apprêtons à partir dès que le vent et la mer se seront calmés, demain matin selon la météo italienne. Nous sommes donc surpris, depuis la terrasse du café où nous sirotons un jus de fruit, de voir un voilier entrer dans le port. Peut-être a-t-il été mal informé sur les conditions météo. Le vent a un peu molli certes, mais la mer est toujours très formée. Nous rencontrons l’équipage sur le quai en rentrant à bord en fin d’après midi. Nous commençons un brin de causette quand tout à coup arrive le skipper dont nous reconnaissons immédiatement la silhouette, celle de Jean-Luc Van Den Heede, quintuple tourdumondiste et tenant du titre depuis 2004, du "Global Challenge", le record du tour du monde en solitaire à l'envers réalisé contre vents et courants. Nous comprenons mieux la tranquillité d’esprit de l’équipage qui était simplement allé mouiller à Cale di levante pour découvrir l’île. Le soir nous nous retrouvons dans la pizzeria la plus courue de Pantelleria et le lendemain matin, nous organisons une séance photo sur le pont du 52 pieds. Sur la photo ci-dessus, on peut voir dans ses yeux que Gustave a déjà emprunté un peu de la féroce détermination du champion. Léonie est ensuite invitée à faire la visite « d’un grand bateau » où elle repère trois cabinets de toilettes ! Nous appareillons enfin vers 10h00 à trois bateaux avec Sailaway, le beau bateau en acier de Kevin et Ann. Le 52 pieds de VDH va de nouveau explorer les petits mouillages de l’autre côté de l’île alors que nos amis anglais et nous mettons le cap sur Malte. Après une heure de navigation de conserve dans les petits airs, nous abattons un peu et envoyons le spi. Rapide vacation VHF pour se dire au revoir avec Jean Luc Van Den Heede et pour se donner rendez-vous à Nantes fin août pour le retour de Raki puis nous voyons son bateau disparaître derrière l’île.
English party
Kevin et Ann, nos voisins, nous ont invités ce soir. Une bonne occasion de fêter l’anniversaire d’Amélie. Le gâteau de Pantelleria a tenu sa promesse : meringue, crème et fraises des bois. Gustave en embuscade (cf. photo) a même eu le droit d’en manger un peu. Léonie a un peu cru que c’était encore son anniversaire (on prend vite des habitudes). Nous avons entonné un Happy Birthday très anglais et Amélie a soufflé deux bougies (une de 6 et une de 3 ou peut-être l’inverse). Nous avons passé une excellente soirée. Demain nous devrions faire route ensemble vers Malte où nos hôtes ont rendez-vous avec des amis. Quant à nous, nous y préparerons la traversée vers la Grèce.
Adieu l’Afrique
Nous y aurons passé plus de deux mois très heureux et nous n’avons pas fini d’en parler. Mais maintenant nous taillons vers l’Est. Cap sur Pantelleria, petite île volcanique italienne à 60 milles au sud de la Sicile. Nous y arrivons avec du vent de noroît assez soutenu. D’ailleurs il va se renforcer et s’installer à 30 ou 35 nœuds pour 4 jours. Nous avons donc le temps de visiter toute l’île, à commencer par le lac volcanique où nous fonçons nous baigner. Les bains de boue y sont très prisés. Nous retrouvons avec un certain appétit le vin et les jambons dont nous nous sommes un peu privés au Maghreb. Nous avons aussi visité les urgences de l’Opedale de l’île où Léonie a été auscultée pour une forte fièvre. Le médecin italien s’est montré rassurant et a prescrit du repos. Nous ne repartirons donc que mercredi ou jeudi. En attendant voici donc quelques nouveaux billets sur le blog dont nous venons de découvrir qu’il n’indique plus les positions du bateau depuis plus d’une semaine. Dolink joint par téléphone propose de nous expédier une nouvelle balise à Syracuse d'ici quelques jours. Espérons que cela marchera.
6 ans à Carthage
Léonie a feté ses 6 ans chez Hannibal.
Pendant que Raki prend un peu de repos
Gustave apprend la position debout. Léonie se fait des dizaines d’amis. De l’épicier du port au barman du café en passant par les marins et les ouvriers qui travaillent dans le chantier naval. Elle est rapidement connue de tous, et se fait même comprendre des deux équipages anglais avec qui nous sympathisons.
Nous prenons le temps de visiter la Medina de Tunis (cf. photo de Léonie devant la porte d’entrée), Carthage, le musée du Bardo pour y découvrir les magnifiques mosaïques antiques et la Marsa.
Nous passons une après-midi au zoo de Tunis où un gardien nous emmène voir de plus près Mike le tigre et ses amis les lions. Rugissements et coups de griffes ont produit leur effet sur les enfants (et sur les parents aussi).
Sidi Bou Said (t)arret prolongé
Raki fait une pause de quelques jours.
Bizerte – Sidi Bou Saïd
Le temps est beau toute la matinée. Après avoir passé une heure sur le rouf où elle avait trouvé refuge, Léonie accepte de redescendre lorsque nous envoyons les voiles. Dans l’après-midi, l’orage revient avec ses éclairs. Nous ne traînons pas et gagnons Sidi Bou Saïd aussi vite que possible. Sidi Bou Saïd est le port de plaisance de Tunis, à deux pas de Carthage et de la Marsa. Le port est bien équipé et nous envisageons de sortir Raki de l’eau pour savoir ce qui gratte sous la coque. Finalement la capitainerie nous informe que la grue est en panne et qu’il faut traiter avec Magyd qui a quelques engins avec lesquels il devrait pouvoir nous sortir de l’eau. Mais ce dernier commence par refuser car Raki est trop grand (si, si). Mais le lendemain, après un nouvel échange, il finit par accepter de lever Raki avec un genre de Fenwick à la fourchette rallongée. Nous ne faisons pas les fiers.
Tabarka – Bizerte
En Tunisie, tout le monde porte des lunettes de soleil. Même Gustave. Nous partons de Tabarka vers 11h00. Nous pensons aller directement à Tunis. Mais après une navigation paisible dans la journée et un passage somptueux le long des îles Fratelli (cela sonne bien pour un 1er mai), le ciel se couvre et l’orage gronde. La foudre éclate à plusieurs reprises et se rapproche de nous. Nous décidons donc de nous abriter à Bizerte pour la nuit. Nous y rencontrons un couple de Français sur un très bel Allure. Le lendemain matin, nous allons acheter quelques tomates et du pain et nous reprenons la mer.
Vacances à Tabarka
Voilà le blog à peu près à jour. Quelques nouveautés aussi dans la partie réservée. Nous repartons demain pour l'Est. Peut-être Sidi Bou Saïd d'une traite car le port de Bizerte est en plein chantier paraît-il.
Notre séjour à Tabarka aura permis à Léonie de se baigner de longues heures à la plage voisine, à Gustave de bronzer et à leurs parents de bouquiner et de se reposer. Nous remercions encore tous ceux qui nous ont offert livres, CD et DVD car ils ajoutent des horizons à notre voyage.
Voici ceux qui nous ont occupés ces derniers temps. 











Annaba - Tabarka
Nous quittons Annaba vers 8h30 avec des passeports tamponnés. Nous avons débordé un peu les 30 jours de notre visa. Nous quittons l’Algérie avec un pincement au cœur. Gustave prend la barre. La traversée dure 9 heures environ. A l’approche de la frontière, nous assistons à un drôle de ballet. Une dizaine de bateaux de pêche dérivent ensemble.
On dirait qu’ils attendent que nous passions pour reprendre leur activité. Il faut dire qu'il y a beaucoup de corail dans la région... Une fois la frontière passée, nous appelons les gardes côtes tunisiens par VHF pour leur signaler notre arrivée en Tunisie. Ils nous demandent de nous identifier. Un peu plus d’une heure après, nous arrivons à Tabarka qui est un agréable port de pêche où nous retrouvons aussi des voiliers. Nous n'en avions pas vu beaucoup depuis notre départ du Maroc. Nous allons profiter du beau temps pour faire une excursion dans les terres et visiter les vestiges romains de Dougga. Nous allons également prendre le temps de compléter le blog que nous avons un peu délaissé au cours des deux semaines écoulées. C'est que notre séjour en Algérie fut très rempli. D'ailleurs, pour ceux qui ont trouvé que nous n'avions pas donné beaucoup de nouvelles, ils peuvent en trouver dans le dernier numéro de la revue Bateaux (mai 2010) dans lequel paraît-il on trouve un article sur notre périple. Enfin nous devrons trouver le temps de caréner le bateau car nous entendons de drôles de bruits sous la coque (ça gratte et ça craque) qui semblent dénoncer la présence de coquillages. Nous croisons les doigts pour que ce ne soient pas des tarets...
Jijel-Annaba
Nous partons ce matin avec un reste de houle qui n’a cessé d’enfler tout au long de la traversée, aggravée par une mer chaotique à chaque pointe. Cela a dû souffler fort ces derniers jours. Durant la nuit, les gardes côtes nous appellent plusieurs fois pour savoir où nous nous trouvons et si tout va bien à bord. C’est rassurant de se sentir suivi ainsi. Nous sommes contents d’arriver à Annaba au petit matin. Lorsque nous posons le pied sur le quai, nous titubons un peu car nous avons été très secoués pendant 24 heures. Nos visas sont périmés depuis hier. La Police des frontières nous laisse un moment entendre que nous pourrons quand même aller faire du tourisme en ville avec un permis d’escale. Mais finalement elle se ravise et nous nous contenterons d’une longue promenade sur le port que surplombe la basilique St Augustin. Le capitaine de Port nous donne une météo. Nous reprendrons la mer dès demain matin.

Suivez la position du bateau en direct.