La côte nord-ouest de l´Espagne a tenu ses promesses. Le vent de Nord est y lève une mer forte et des vagues vicieuses.
Gijon - La Corogne
Rubrique thématique et événementielle puisqu'on y traite aussi bien des événementsconsignés dans le livre de bord que des questions posées par la navigation en famille.
La côte nord-ouest de l´Espagne a tenu ses promesses. Le vent de Nord est y lève une mer forte et des vagues vicieuses.
Après avoir quitté tout le monde dimanche midi, nous avons poursuivi la descente de la Loire à la voile. C'est la première fois que nous n'avons pas eu besoin de recourir au moteur pour parcourir les 30 milles de Loire. Nous avons tout d'abord mis un peu d'ordre dans le bateau qui s'est transformé en médiathèque-bar avec tous les cadeaux que nous avons reçus au départ. Puis nous nous sommes préparés pour la première nuit qui est tombée un peu avant Noirmoutiers. Le vent assez soutenu (20 noeuds établis) nous a permis d'enregistrer de belles moyennes dès le début avec des pointes de vitesse à 9 noeuds. La mer était un peu désordonnée mais pas aussi dure que nous aurions pu le craindre compte tenu des forts vents des jours précédents. Dans la matinée de lundi, nous avons quitté le plateau continental pour survoler les profondeurs abyssales de l'océan Atlantique : les sondes indiquées sur les cartes passent de quelques centaines de mètres de profondeur à 3000 voire 4000 mètres de profondeur. En général, c'est le genre de sujet de discussion qu'on n'aborde pas quand on s'y trouve. Avec Amélie, nous n'en avons reparlé qu'à l'approche de l'Espagne, lorsque les fonds remontaient. Nous n'avons pas constaté de changement remarquable de l'état de la mer au passage de la falaise sous-marine. Peut-être s'est-elle un peu rangée en cours de matinée pour donner une houle un peu plus longue et plus régulière. Comme prévu le vent a commencé sa rotation vers le nord-est, ce qui nous a conduit à l'accompagner en piquant vers le sud pour rester au grand largue et non pas plein vent arrière qui est une allure très inconfortable dans une mer formée. Nous avons empanné mardi vers une heure du matin lorsque le vent a terminé sa rotation vers le nord et avons dès lors fait route directe vers Gijon. après être monté au delà de 20 noeuds lundi, le vent a molli autour de 15-20 noeuds dans la nuit de lundi à mardi pour terminer à 10-15 noeuds mardi soir en arrivant. Nous n'avons pas croisé grand monde durant ces deux jours : quelques cargos dans l'estuaire de la Loire et quelques bateaux de pêche au large de l'île d'Yeu et en approchant des côtes d'Espagne. Léonie a eu un peu le mal de mer lundi matin et mardi matin, les deux fois en se réveillant. Mais elle a bien (et vite) surmonté ces moments délicats en redormant un peu et en grignotant. Elle a même avalé des lentilles lundi après midi et un bon hachis parmentier mardi midi. Nous n'avons pas eu froid durant la traversée car les températures ne sont jamais tombées en dessous de 6°C. Lorsque nous sommes arrivés à Gijon avec le soleil, il faisait 12°C de température extérieure. En ce qui concerne le bateau, tout a bien fonctionné. Le pilote nous a relayés un tiers du temps environ. Nous n'avons pas pu l'utiliser davantage car la charge de l'éolienne n'a pas permis de compenser la consommation d'énergie due aux instruments de navigation. En effet, au portant, les 20 noeuds de vent deviennent 15 noeuds de vent apparent (la vitesse du bateau se soustrayant) ce qui est peu pour l'éolienne. La gite et les mouvements du bateau diminuent encore son rendement. Quant au panneau solaire, il n'a pas pu charger beaucoup puisque le ciel est resté très nuageux jusqu'à l'approche de l'Espagne. Au total entre la consommation d'énergie du bord et la charge de l'éolienne et du panneau, nous enregistrons une perte de 90 ampères ce qui est beaucoup puisque nous n'avons que 210 ampères de capacité théorique de batteries. Nous verrons comment la charge tient lorsque le soleil brillera plus fort. Tout l'équipage est ravi d'avoir pu aligner les milles dès le début et de n'avoir pas eu à attendre de longues journées à Pornichet qu'une fenêtre météo s'offre à nous. A présent nous pensons continuer dans la lancée et tailler ce soir-même vers la Corogne car du mauvais temps est annoncé en fin de semaine. Nous avons 150 milles à parcourir le long des côtes espagnoles ce qui devrait nous prendre autour de 36 heures. Nous devrions arriver dans la nuit de jeudi à vendredi. Ci-dessous quelques images prises mardi matin pendant la traversée. Si c'est un peu long à charger, double-cliquez sur l'image pour la lire sur you tube.
Dans une trentaine de jours nous serons partis. Les mauvaises langues nous voient déjà frigorifiés dans une mer démontée au milieu du golfe de Gascogne et menacés par toutes sortes de monstres marins. Mais ce ne sont pas quelques envieux qui vont nous refroidir...
Il y a environ 5000 milles entre Nantes et Nantes via Gibraltar, Istanbul et le canal du midi. A raison de 50 milles par jour en moyenne et sachant que nous disposons de 200 jours, il faut compter à peu près une journée en mer pour une journée d'escale. Une traversée de 24 heures (nuit comprise) nous offre donc la possibilité d'une escale de deux jours. 48 heures en mer donnent 4 jours d'escale et ainsi de suite. On peut évidemment compter sur la météo pour compliquer un peu le problème, mais ça, c'est une autre histoire.
En faisant nos comptes et en constatant que l'automne s'installe, nous sommes bien obligés de nous rappeler que naviguer est la façon la plus chère, la plus inconfortable et la moins rapide de se rendre d'un point A à un point B ou encore que le plaisancier est un être tout habillé sous une douche glacée en train de déchirer des billets de banque.
Pour l'approvisionnement en électricité, nous nous sommes équipés d'une éolienne et d'un panneau solaire. Les deux appareils seront fixés à un mât situé à l'arrière du bateau. Le support orientable du panneau solaire servira également de bossoir pour relever le moteur hors-bord du bateau. Merci à Jean-Claude et à Damien pour la conception et la réalisation de ce mât multifonction.

Les coussins neufs ont été installés à bord. Fabriqués par Philippe Sicard de Haute Goulaine, ils sont en bultex - mousse assez dure et imputrescible - recouvert d'une ouate pour que la toile soit toujours tendue. Sous les coussins a été cousue une résille noire pour permettre à l'humidité de s'échapper. Le bateau est maintenant très confortable.